Rencontres 2017

ÉDITO ENCORE HEUREUX... 2017

 

 

 

   Moi, déclara Zazie, je veux aller à l’école jusqu’à soixante-cinq ans. (...) Je veux être institutrice.

- Pourquoi que tu veux l’être, institutrice ?

- Pour faire chier les mômes (...). Je serai vache comme tout avec eux. Je leur ferai lécher le parquet. Je leur ferai manger l’éponge du tableau noir. Je leur enfoncerai des compas dans le derrière. Je leur botterai les fesses.

- Tu sais, dit Gabriel avec calme, d’après ce que disent les journaux, c’est pas du tout dans ce sens-là que s’oriente l’éducation moderne. C’est même tout le contraire. On va vers la douceur, la compréhension et la gentillesse. (...) D’ailleurs, dans vingt ans, y aura plus d’institutrices : elles seront remplacées par le cinéma, la tévé, l’électronique, des trucs comme ça.

- Alors, déclara-t-elle, je serai astronaute pour aller faire chier les Martiens.

Raymond Queneau,

Zazie dans le métro

   Cette année, suite aux rassemblements de juin, le collectif Encore heureux... propose un deuxième temps de rencontres afin de prolonger les gestes accomplis en public et non, et rejoindre aussi des interrogations survenues en novembre 2016. Quatre années successives de rencontres publiques et de préparations régulières nous amènent à penser que les questions afférentes au travail vivant sont plus que jamais capitales au sein de notre société - monde.

 

   Nous avons appris qu’il n’est pas de fictions politiques qui ne s’inscrivent dans un champ social, culturel, et l’inverse. Qu’est-ce qui s’échange au juste dans l’effectuation d’une œuvre collective ? Des outils, du salaire, des maux d’ordre, des projets à suivre ailleurs, de la terre à modeler, de l’infra mince, des ondes électroacoustiques, du chant, des recettes, des signes, de la présence, des concepts, une colère, des adresses, des œuvres, de l’inarticulé ? Les « lieux rêvés » se doivent d’être vagues et vastes mais peuplés de seuils où se tenir.

 

   Ce novembre prochain, le lieu Fonderie s’ouvre à un ensemble d’expérimentations fragiles mais bordées.

 

   C’est une histoire d’accueil, de liens qui encore se tissent, de séjours possibles et d’ouvrages tentés ; c’est une histoire matérielle qui conjugue travail visible et invisible.

 

   Vous êtes les bienvenus.

 

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DU 6 AU 10 & DU 13 AU 18 NOV. DE 14H À 19H

Dessins, Peintures et Sculptures

EXPOSITION(S)

 

Collection de Matthieu Morin, Dessins de Lucile Notin-Bourdeau, des enfants de la Classe Ulis, École Jean Macé au Mans et Sculptures de Xavier Brunet.

 

   La dislocation du monde, voilà le sujet de l’art. Impossible d’affirmer que, sans désordre, il n’y aurait pas d’art, et pas davantage qu’il pourrait y en avoir un : nous ne connaissons pas de monde qui ne soit désordre. Quoi que les universités nous susurrent à propos de l’harmonie grecque, le monde d’Eschyle était rempli de luttes et de terreur, et tout autant celui de Shakespeare et celui d’Homère, de Dante et de Cervantès, de Voltaire et de Goethe. Si pacifique que parût le compte-rendu qu’on en faisait, il parle de guerres, et quand l’art fait la paix avec le monde, il l’a toujours signée avec un monde en guerre.

Bertolt Brecht

Lucile Notin-Bourdeau chante et dessine.

Xavier Brunet, ouvrier potier à l’ESAT-ATIS de la Flèche, souhaite disséminer ses sculptures de terre cuite.

Les dessins des enfants de la classe Ulis Jean Macé au Mans sont des traces de l’atelier Marges à dire, présenté en juin dernier en Fonderie.

Matthieu Morin, membre par ailleurs de LA BELLE BRUTE qui vient d’éditer un double vinyle des balades de Jean-Marie Massou, nous ouvrira une porte de sa collection de dessins, objets et peintures.

 

Ces ensembles seront accrochés et montés selon une logique de bon voisinage.

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DU 6 AU 10 & DU 13 AU 18 NOV. DE 14H À 19H

ET SOIRS D’OUVERTURE

CENTRE DE RESSOURCES

AVEC la librairie Michèle Firk (Montreuil), la librairie L’herbe Entre Les Dalles (Le Mans), la bouquinerie du GEM La Vague à L’âme (Paris) et les documents et archives (écrites et audio) liés à Encore Heureux... en libre consultation.

 

Un centre de ressources en forme de boussole, à partir de ce qui existe et avec : des étagères, une table, des fauteuils...

Ici, on pourra venir déposer un texte, feuilleter un livre ou une archive, regarder un dessin, déposer un tract ou un poème, acheter un roman ou noter la référence d’un livre introuvable, consulter le dernier numéro du journal d’un lieu de soin, lire le programme d’un atelier lecture organisé dans un centre de jour, les brochures d’un ciné-club organisé par un GEM...

Il sera un lieu pour s’arrêter, discuter, fabriquer de nouveaux voisinages aux abords des temps de radiophonie, lectures, spectacles et projections.

 

À consulter sur place :

- des entretiens autour de Fernand Deligny, la psychothérapie institutionnelle, ...

- les émissions des précédentes rencontres Encore heureux...

- ROCK AGAINST POLICE – R.A.P : DES LASCARS S’ORGANISENT.R.A.P est le récit en Six épisodes d’une enquête sonore disponible sur le site rapdocsonores.org. A la fin des années 70, dans un contexte de crise économique et de chômage, les expulsions de jeunes immigrés et les meurtres en banlieue se multiplient. Un réseau informel et fluctuant se constitue pour réagir collectivement en organisant une série de concerts Rock against police au milieu des cités. De 1980 à 1983, l’initiative fait tache d’huile. Plusieurs concerts sont organisés en région parisienne : Paris, Vitry, Nanterre, Cergy, Argenteuil. L’idée est également reprise par d’autres groupes en France, notamment à Marseille, Saint Dizier, et Lyon avec les concerts organisés par Zaâma d’banlieue.

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MARDI 7 NOV. À 20H

 

Improvisations électroacoustiques

CONCERTS

 

Je n’étais pas sûr de la pièce. En fait, quand ils m’ont demandé une pièce pour le programme, j’ai dit : « Eh bien, il y a la possibilité d’une pièce pour guitare électrique », et c’est cela qu’ils ont écrit dans le programme : « Possibilité d’une pièce pour guitare électrique. »

John Cage

Suite au séjour joyeux des Harry’s l’année dernière ayant donné lieu à un concert, une session de Radio Tisto sur Radio Libertaire et un atelier lutherie, Julien Bancilhon et Franq de Quengo seront présents cette année en compagnie d’Olivier Brisson, Matthieu Morin et Lucile Notin-Bourdeau.

 

Liés à la fois par une présence fraternelle au plus près de personnes porteuses d’autisme et accomplissant un travail de production musicale et d’analyse critique par le biais des éditions LA BELLE BRUTE, de rencontres (Sonic Protest), de concerts (Bimbo Tower – Dragibus - IS a fiSh – One Lick Less – Pascal Comelade) et de fabrications d’instruments, il s’agira suite à quatre jours de répétitions dans la Caisse à Musique de restituer le travail effectué en compagnie de Lucile.

 

D’autres sets d’improvisations sont envisagés, notamment avec Les troupes de l’imaginaire (Reims).

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LUNDI 13 ET SAMEDI 18 DE 10H À 17H

 

Les mains dans la glaise. 1

ATELIERS OUVERTS

à l’initiative de Xavier Brunet

 

Xavier Brunet, ouvrier potier à l’ESAT-ATIS de la Flèche animera un atelier de façonnage d’animaux extraordinaires.

Ce façonnage d’animaux étranges s’élabore à partir de recherches documentaires, d’exploration de la nature, de croquis et d’écrits. Il s’agit d’un travail protéiforme dont la mise en forme céramique ne représente qu’une partie.

Dans la suite d’essais animaliers présentés récemment à l’Espace Faïence de Malicorne, Xavier Brunet propose de confectionner des formes animalières que les visiteurs pourraient, s’ils le souhaitent, emporter afin de les poser dans leur jardin... Il s’agira d’offrir aux regards et aux mains désireuses de s’en saisir.

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MARDIS 7 & 14 NOV. DE 10H À 17H

 

Les mains dans la glaise. 2

ATELIERS OUVERTS DE POTERIE

Sous la conduite de Patrick Mahieu

En compagnie des potiers de l’ESAT-ATIS de La Flèche

 

Il faut résister aux empêchements, aux infiltrations pour retrouver la tranquillité nécessaire à ce qu’il se passe quelque chose. On pourrait appeler ça la technique de la patience.

Jean Oury (séminaire de juin 2005)

 

Deux journées seront consacrées à l’échange de techniques de modelage entre des compagnons potiers ouvriers d’ESAT et des enfants invités, partant qu’il n’y a de transmission que partagée, c’est-à-dire mise en commun.

 

Patrick : Et sur la Fonderie en novembre on fait quoi ?

Mickaël : À la Fonderie, toute la journée !

Karine : Pour manger là-bas !!!

Mickaël et Karine : On fait de la poterie pour nous et les autres..., avec des enfants. On invite des enfants, tous ceux qui veulent, des écoles d’à côté et des IME... Ils viennent pour le temps qu’ils veulent les 2 mardis.

Karine : C’est pour apprendre à montrer et à discuter.

Mickaël : Ils feraient des bols, des assiettes...

Patricia : Ils regardent comment Thierry fait et ils font pareil...

Alain : Des fleurs...

Patrick : On fait plusieurs ateliers alors, sur des tables différentes...

Mickaël : Avec des petits moules, dès qu’ils arrivent, on donne un coup de main. On cuira avec la couleur et ils reviennent à Noël pour les chercher.

 

En juin 2015, Christiane Gobil, de l’ESAT-ATIS, où elle a travaillé 28 ans, nous avait proposé de découvrir la pratique de la poterie dans le grand hall de la Fonderie sous la forme d’un atelier ouvert. Cette année, nous retrouverons les compagnons de l’atelier de l’Ouvroir de l’ESAT-ATIS de La Flèche. Une invitation a été lancée en direction de la classe Ulis Jean Macé du Mans et de l’IME l’Hardangère d’Allonnes, des associations, des établissements de l’Enfance en Sarthe Les Apprentis d’Auteuil et Montjoie ainsi que vers les centres de formations de travailleurs sociaux : le lycée professionnel les Horizons, au Mans et le CEFRAS Angers - Le Mans.

DU 8 AU 10 NOV. DE 14H À 17H

Faire connaissance par les rythmes

ATELIERS OUVERTS DE LECTURES

 

De même, la nécessité de tenir le livre à la main – puisqu’on n’apprend pas de texte – a fait naître en moi l’idée d’un rituel théâtral où le texte serait comme un objet sacré qui autoriserait la parole. Et de même encore, la nécessité de travailler dans une proximité extrême, dans une pauvreté extrême aussi, visible, sensible, développe toutes les notions d’espace imaginé (puisqu’il n’y a pas d’espace) et de fable fictive (puisque les acteurs qui sont eux-mêmes spectateurs sont irrémédiablement réels) ; si bien que l’atelier enseigne à ses participants à lire très finement les signes produits par le jeu théâtral, de tout près, et si maladroits soient-ils.

Antoine Vitez

 

 

Lors des précédentes rencontres Encore heureux..., des moments de lectures à voix haute à partir de textes d’Eugène Savitzkaya, de Daniil Harms ou de Bernard Heidsieck ont eu lieu à plusieurs reprises. Ils ont été l’occasion de croisements entre des lecteurs issus notamment de l’Atelier Exploratoire du Mans, de la Clinique de La Borde et de l’Hôpital de jour de Bondy.

Forts de ces expérimentations stimulantes et improvisées, nous proposons de nous retrouver à nouveau autour de différents corpus de textes durant trois après-midis d’ateliers.

Parmi d’autres matériaux poétiques, nous pourrions partager des textes de Raymond Queneau tels que Zazie dans le métro, Les Enfants du limon, de courts textes et poèmes de Robert Walser, des récits d’Annie Ernaux, Christophe Tarkos, James Agee...

Explorations en cours !

 

Toute personne souhaitant participer à un ou plusieurs de ces ateliers est la bienvenue.

 
 

MERCREDI 8 NOV. À 20H

 

Nous sommes tous

THÉÂTRE

 

Petite forme généalogique de Guillaume Rannou et Juliette Rudent Gili

 

Je m’appelle Guillaume. Guillaume Rannou.

Je suis né le 14 juillet 1970 à Angers, le jour de la mort de Luis Mariano.

En 1986, j’ai 16 ans. J’habite à Angers dans le Maine-et-Loire.

François Mitterrand est président de la République depuis 5 ans.

Je suis un élève brillant.

Je joue au rugby, je suis le demi de mêlée de la sélection Atlantique cadets.

Je me suis extrait de la musique classique, je fais du rock’n’roll.

Sos-racisme existe depuis 2 ans.

Je porte un badge Touche pas à mon pote, que je suis allé acheter à Paris, à Radio Aligre.

J’ai acheté un carton entier, pour diffuser les badges à Angers.

Le 5 décembre 1986, je monte à Paris, en tant que délégué à la coordination des lycéens contre la réforme Devaquet, pour manifester mon mécontentement.

J’y connais mes premières lacrymos et peurs.

Je commence à comprendre les choses.

« Première, deuxième, troisième génération, nous sommes tous des enfants d’immigrés »

Elle vient d’où ma troisième génération à moi ? J’ai besoin de le savoir.

 

Nous sommes tous est un spectacle dans lequel un homme d’environ 45 ans raconte sa recherche éperdue de racines étrangères, de ses premières démarches dans les années 80 à la mairie du Mesnil-Simon (Eure-et-Loir) à son enquête patiente sur la vie de son arrière-arrière-grand-mère Marie Joséphine Rannou, entre les Côtes-d’Armor et la banlieue Sud de Paris, aïeule dont il ne savait rien au début de ses recherches

JEUDI 9 NOV. À 20H

 

La grotte des rêves perdus

PROJECTION

Film de Werner Herzog 90 mn - couleur - 2011

au cinéma Les Cinéastes, Place des Comtes du Maine au Mans

Nous sommes dans un rapport paradoxal aux « peintures » paléolithiques. Et tel paradoxe doit au moins être énoncé : nous ne sommes pas en face de ce qui pourrait être caractérisé comme un art ethnographique (oriental, africain, océanien...), ce qui veut dire que les figures paléolithiques occidentales, leurs différentes caractéristiques, leurs traits de style, leurs bizarreries entretiennent une relation avec l’ensemble des caractéristiques de l’art de notre continent ou de nos cultures historiques. Et ceci est un des aspects les plus troublants de l’art paléolithique occidental : c’est qu’il ne nous est pas étranger formellement.

Jean-Louis Schefer

C’est une grotte, protégée du monde depuis 20 000 ans parce que le plafond de son entrée s’est effondré. C’est un sanctuaire incrusté de cristaux et rempli de restes pétrifiés de mammifères géants de la période glaciaire. Pourtant, ce n’est pas le seul trésor que ce lieu unique au monde avait à nous offrir...

En 1994, au sud de la France, les scientifiques qui ont découvert la grotte sont tombés, ébahis, face à des centaines de peintures rupestres, des œuvres d’art spectaculaires réalisées il y a plus de 30 000 ans – presque deux fois plus vieilles que les peintures rupestres les plus anciennes découvertes jusqu’alors. Ces dessins, ces œuvres, ces témoignages exceptionnels ont été créés à l’époque où les hommes de Néandertal parcouraient encore la terre, en un temps où les ours des cavernes, les mammouths et les lions étaient les espèces dominantes sur notre continent.

Depuis, seules quelques très rares personnes ont été autorisées à pénétrer dans la grotte et ces chefs-d’œuvre sont restés à l’abri des regards - jusqu’à ce que Werner Herzog obtienne l’autorisation d’y réaliser un documentaire d’exception. Dans un saisissant voyage visuel, Herzog nous entraîne à la rencontre de nos très lointains ancêtres, à la découverte de la naissance de l’art, de la symbolique puissante des lieux et des personnes qui vivent aujourd’hui dans les environs.

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VENDREDI 10 NOV. DE 10H30 À 13H

Una corda

PHOLHARMONIE POUR GUITARE ET ENSEMBLE

Proposition de l’Ensemble Offrandes

En compagnie de Nicolas Courtin guitare et Martin Moulin direction

 

Le secret de la composition réside dans ce pouvoir de transformer le matériau dans le sens d’une adéquation croissante. Ignorer cette dialectique, c’est se condamner à la stérilité du fonctionnalisme.

Theodor W. Adorno

 

Depuis 2013, l’Ensemble Offrandes propose une séance d’explorations sonores collectives à l’occasion des rassemblements Encore heureux... À partir d’œuvres du répertoire symphonique, les participants, musiciens et non, sont invités à s’associer le temps d’un mouvement musical. Utilisant la voix, le corps, des objets trouvés ou fabriqués, tous se retrouvent dans l’acte symphonique. Sont interrogés des gestes comme l’ostinato, le crescendo, le contraste, la texture, le silence, ou la respiration... Le tout avec pour souci principal la présence aux choses, à soi, à l’autre, et l’attention à la qualité de concentration, afin de soigner l’éclosion sonore.

 

L’instrument soliste de cette Pholharmonie (la guitare) indiquera naturellement quelques directions à nos questionnements : comment, à nous tous, ne pas couvrir un instrument à la projection si ténue ? C’est peut-être vers le chuchoté, le ramassé, aux franges de l’indistinct qu’il nous faudra frayer.

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LUNDI 13 NOV. À 18H

Les refuges du récit

CONFÉRENCE

Par Savine Faupin et Christophe Boulanger

 

Les scènes de cette histoire se déroulent, comme l’indique son titre, dans les nations, ou dans les pays, d’un monde inconnu ou imaginaire qui a notre terre pour lune, sur une planète imaginaire mille fois plus grande que notre monde.

Henri Darger

 

Les refuges du récit est le titre d’une exposition qui s’ouvre au LaM ce mois d’octobre et propose de mettre en regard différents types d’autobiographies et d’autofictions avec des inventions d’écriture. Dans ces récits les dessins se mêlent aux mots et composent d’étonnants systèmes de narration et remémoration. Ils peuvent se développer sur tous types de supports : papier, cahier, sac de ciment, murs, livres, peinture à la coquille d’œuf écrasée, tissu, cassette audio.

Sept séquences thématiques structurent l’exposition :

Livrer sa vie ; Entre ciel et terre ; Les refuges naturels du récit ; Le recueil figuré ; Correspondance avec l’au-delà ; Inventer une écriture ; Je t’écris de très loin.

Savine Faupin et Christophe Boulanger sont conservateurs de la collection d’art brut au LaM, Lille métropole.

Par deux fois, nous avons eu le plaisir d’entendre Christophe l’année dernière à propos d’une thèse intitulée Mots et motifs dans l’œuvre d’Aimable Jayet et il y a quatre ans en compagnie de Jean Oury. Christophe et Savine nous évoqueront ce qui se cherche dans cette exposition à partir d’œuvres de Ferdinand Cheval, Nicolas Cirier, Henry Darger, Margarethe Held, Aimable Jayet, Frank Jones, Jim Kaliski, Joseph Lambert, René Le Bedeau, Pascal Leyder, Jean-Marie Massou, Alfred McMoore, Palanc, Sophie Podolski, Alain Rault, Cheikh Kane Wade, Theo Wiesen, Adolf Wölfli, Carlo Zinelli.

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DU 14 AU 17 NOV. DE 15H30 À 17H

RADIOPHONIES Émissions publiques en direct

depuis le Grand Hall de La Fonderie

En cooperation avec Radio Alpa (Le Mans)

Diffusées en simultané sur Radio Primitive (Reims) et Radio Grenouille (Marseille)

Le 17 nov., en collaboration avec Bruits de Couloir (Saint Denis), Radio Sans Nom (Asnières) et Radio Colifata (Argentine)

 

À chaque fois, c’est un nouveau commencement et à chaque fois on ne sait pas jusqu’où il ira. Et la prétention d’en tirer les leçons ne mène pas bien loin. L’idée des leçons tirées des expériences antécédentes suppose toujours qu’on va trouver cette fois la bonne façon de faire ce qu’on veut. Malheureusement, ce n’est pas ce qu’on veut qui détermine la conduite d’un moment d’égalité. C’est le contraire : la « volonté » est un résultat, c’est la modalité que prend le déploiement du moment égalitaire.

Jacques Rancière

 

Suite aux émissions de l’an dernier (consultables sur le site radioalpa.com), un studio radio sera de nouveau ouvert dans le Grand Hall de La Fonderie. L’objet de ces émissions reste de partager écoutes, lectures, dialogues, en présence des collectifs, groupes, personnes de passage, accueillis lors des rencontres Encore heureux...

 

Des temps seront également consacrés cette année aux déplacements significatifs qui s’opèrent lorsque des institutions, des collectifs, des militants se mêlent et témoignent de ce qui, à priori et selon des logiques sociétales imposées, ne les regardent pas - puis travaillent en collaboration à produire des gestes, des mouvements, des modes d’apparitions publiques qui d’ordinaire sont privés.

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RADIOPHONIES en présence de

 

- La Belle Brute et Jean-Marie Massou [14 NOV.]

Venant d'éditer un double vinyle consacré au travail sonore et aux complaintes de Jean-Marie Massou, par ailleurs acteur principal du documentaire d'Antoine Boutet, Le plein Pays, les membres de ce label-collection récent viendront témoigner de cette rencontre singulière et partager leurs documents enregistrés.

 

- Hôpital de Jour de Bondy et Association Présence [15 NOV.]

Depuis dix ans, un collectif issu de l'Hôpital de jour de Bondy et de l'association Présence ouvrent un espace de vente et de consultations de livres au sein du marché hebdomadaire de la ville de Bondy. Un document restituant cette expérience sera diffusé et mis en relation avec ce qui se trame pendant les rassemblements.

- Paul Brétécher [16 NOV.]

L’an dernier, au croisement de plusieurs lieux de soin et de culture, nous avons initié en compagnie de Lise Gaignard un échange autour du travail. Le travail au sens où « tout est travail », en tant qu’il nous fonde, nous pose la possibilité d’une œuvre commune. Cette année, nous poursuivrons ce cheminement en invitant Paul Brétécher, psychiatre.

En 1978, il participe avec Jean-Claude Polack, Danielle Sivadon, Annick Kouba et Serge Volkoff à une enquête sur le travail, dans la perspective de produire des alliances entre les subjectivités, les lieux et les territoires et d’interroger les formes coercitives du travail dans les institutions de psychiatrie.

Après avoir rejoint le secteur psychiatrique de Corbeil-Essonnes fondé par Lucien Bonnafé, il participe en 1991 à la création de l’association gastronomique Agapes autour de la vie quotidienne et de la gestion du restaurant du théâtre du Campagnol.

Qu’est-ce que cette expérience a produit ? Quelles nouvelles alliances aujourd’hui ? La discussion se poursuivra avec les collectifs et structures en présence : Humapsy, TRUC, Utopsy, Psy soin accueil, La Borde, GEMs...

- Café-Radio des Habitants [17 NOV.]

en compagnie de Bruits de Couloir (Saint-Denis) et de la Colifata France avec les participant.e.s de la Radio Sans Nom (Asnières) rediffusé également sur la Radio Colifata Argentine alsolnet.com/stream/lacolifataenlace

Bruits de couloir est une émission de radio mensuelle diffusée sur la radio associative Fréquence Paris Plurielle. Elle est animée par les adhérent.e.s du GEM L’Entre-temps de Saint-Denis (une association de gens divers, d’origines plurielles, réunis dans un lieu d’entraide). Nous avons discuté de l’histoire et de l’actualité de la psychiatrie, de la notion d’accueil dans les lieux dits de « soins ». Aujourd’hui, la radio est pour nous un espace itinérant dans la ville. Nous faisons l’expérience de dispositifs techniques variés et cherchons à faire apparaître des paroles singulières en agençant nos voix à ce qui vient. Nous serons là pendant une semaine et ferons des prises de son à La Fonderie et dans la ville. Nous participerons aussi chaque jour au Café des habitants qui se déroule pendant les rencontres Encore heureux... après le déjeuner.

La radio n’est-elle pas une façon d’amplifier les gestes de la quotidienneté ? Nous avons voulu inviter à cette occasion la Radio Colifata France avec les participant.e.s de Radio Sans Nom (Asnières) pour s’inspirer collectivement du dispositif ouvert créé par La Colifata en Argentine.

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MERCREDI 15 NOV. À 20H

Entretien avec Paul Brétécher

PROJECTION

Film réalisé par Stéphane Gatti avec Pierre-Vincent Cresceri et Joachim Gatti.

Projection à La Fonderie

 

Entretiens filmés et retranscrits dans le cadre de l’exposition :

Comme un papier tue-mouches dans une maison de vacances fermée, Montreuil, La Parole Errante (2008-2009).

 

Suite à mai 68, une nouvelle génération de médecins et d’infirmiers arrive dans les hôpitaux psychiatriques.

 

La lente mise en place de la politique de secteur augure alors à peine de changements ; la psychiatrie publique reste très marquée par le fonctionnement asilaire. Cette évolution de l’asile, nécessaire mais « technique », balisée de décrets ministériels, s’incarne en grande partie grâce à leur activisme. L’époque est aussi celle d’un regard plus positif porté sur la folie, parfois magnifiée, en tout cas davantage écoutée.

 

En mai 68, à Nantes, Paul Brétécher décide de devenir psychiatre. Il fait d’abord de la psychothérapie institutionnelle dans de vastes hôpitaux – c’est-à-dire qu’il tente d’humaniser l’institution. Puis il part à Corbeil-Essonnes dans un service créé par Lucien Bonnafé (1912-2003). Ce désaliéniste qui milite contre la logique asilaire depuis des expériences fondatrices pendant la Résistance veut mettre à profit la politique de secteur pour imaginer une psychiatrie « hors les murs ».

 

Le souci de l’usager précédant les logiques institutionnelles, les soignants doivent, sans à priori, pouvoir créer des structures et les adapter au fur et à mesure que des besoins sont identifiés. Ainsi, le soin se mêle au quotidien afin que les interactions sociales s’intègrent aux soins – utilisant le « potentiel soignant de la population » cher à Lucien Bonnafé. Les rôles du psychiatre et des infirmiers, hors de l’étroite scène de l’asile, sont à réinventer.

 

Paul Brétécher, qui arrive à Corbeil un an après la retraite de Bonnafé, va contribuer à faire vivre jusqu’aujourd’hui cette tentative, dans un contexte difficile où, pour beaucoup, l’enfermement redevient souhaitable.

Stéphane Gatti, Pierre Vincent Cresceri, Joachim Gatti

VENDREDI 17 NOV. À 11H

Décor sonore pour une tragédie

OUVERTURE PUBLIQUE

IME Vaurouzé (Le Mans), Olivier Nourisson et Humapsy

durée 45min environ

 

Lors des rencontres du mois de juin, l’atelier proposé depuis le mois d’avril à une dizaine de jeunes de l’IME Vaurouzé s’était conclu par une restitution publique.

 

Il s’agit de poursuivre cet atelier de construction d’instruments de musique amplifiés aux allures de masques d’animaux dans lesquels nous pouvons nous glisser pour faire surgir des sons de bêtes étranges.

 

Nous serons là avec vous ce vendredi 17 novembre à 11h sur nos deux pieds et nos quatre pattes.

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SAMEDI 18 NOV. À 14H30

Atelier Exploratoire

OUVERTURE PUBLIQUE

Atelier Hors Champ et Ensemble Offrandes

 

Ce ne peut pas être rien, c’est de la matière, c’est du son, c’est de la chanson, ce n’est pas de la musique et ce ne peut pas être rien parce que c’est partout dans les bras de tout le monde...

Christophe Tarkos

 

L’Atelier Exploratoire se réunit autour du texte Anachronisme de Christophe Tarkos, depuis mars 2016 dans la Caisse à Musique de La Fonderie. Cet atelier initié dans le cadre d’Encore heureux..., mené par Frédéric Tétart, Pascale Nandillon (Atelier hors champ) et Martin Moulin (Ensemble Offrandes) propose aux participants de faire l’expérience d’une odyssée sonore composée à partir d’une promenade dans les textes de Tarkos, mélange hybride de formes écrites et improvisées, de parlé-chanté, d’instruments de musique et d’instruments de fortune, de choralité et de singularités. Il rassemble des musiciens amateurs et une vingtaine de personnes rencontrées au CATTP Hélène Chaigneau, dans les Gems Téjira, Loisirs, Différents et Ensemble.

 

En juin 2017, nous avions présenté une étape de cet oratorio ; nous expérimenterons pour la seconde fois devant le public cette forme ouverte à l’incertitude.

 

AVEC LES RÉCITANTS ET LES MUSICIENS Michèle Claireau, Nathalie Veyzer, Laurent Ivon, Hasna Cherif, Françoise Tessier, Pascal Toutain, Hervé Petit Etienne, Sophie Galpin, Sylvain Michel, Cathy Racinne, Elisabeth Charlot, Gabrielle Gallen, Jean Plessis, Fabienne Paumier, Annie Athouël, Reine Boulan, Henri Wallach, Claire Richet, Pascal Aubin, Sophie Fournier.

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SAMEDI 18 NOV. À 16H30

Atelier Théâtre Les Volontiers

OUVERTURE PUBLIQUE

 

Compagnie Auguste Burin

 

Après avoir présenté une esquisse du travail en cours lors des rencontres Encore Heureux... de juin, Les Volontiers ouvrent à nouveau les portes de leur atelier.

Nous cheminons dans une matière fragile et mouvante, avec l’exigence de maintenir le fil ténu d’une attention commune à ce qui implacablement se transforme.

L’Atelier des Volontiers est un point de rencontre, un rendez-vous régulier, où nous tentons au-delà de nos différences de trouver une respiration commune, un engagement des corps et des voix sur un plateau de théâtre, parfois inattendu !

 

AVEC Frédéric Blottière, Linda Buain, Stéphane Juglet, Jocelyne Lediguerher, Laurent Lemaitre, Lindsay Papin, Stéphane Perlinski, Clément Villa et Pascal Vovard.Accompagnés de Frode Bjørnstad et Claudie Douet, Victoria Horton, Pierrick Lefranc, Eric Minette, Nathalie Lebreton , Gwenaël Pierre et François Verret.

 

Soutiens Ville du Mans, Conseil Départemental de La Sarthe, DRAC/ARS des Pays de La Loire, l’ADAPEI de la Sarthe et La Fonderie.

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SAMEDI 18 NOV. DE 19H À 23H

 

BAL - APÉRITIF DE CLÔTURE

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STRUCTURES ET ASSOCIATIONS PARTICIPANT À CES RENCONTRES

 

IME Vaurouzé (Le Mans), ESAT-ATIS de La Flèche, GEM Téjira, GEM Loisir, GEM Différents et Ensemble (Le Mans), Association Humapsy, Hôpital de jour Le Presbytère (Bondy), GEM L’Entre-temps (Saint-Denis), Association à Plaine vie, GEM La Vague à l’âme (Paris), Groupe Les Volontiers - Cie Auguste Burin (Le Mans), E.P.S.M. de La Sarthe, Ensemble Offrandes (Le Mans), Atelier hors champ (Le Mans), Radio Alpa/MJC Prévert (Le Mans), Radio Primitive (Reims), Radio Grenouille (Marseille), Librairie L’Herbe entre les dalles (Le Mans), Librairie Michèle Firk (Montreuil), Classe ULIS de l’école primaire Jean Macé (Le Mans), Cinéma Art et Essai Les Cinéastes (Le Mans), Association J’ai (Plouha), Clinique de la Borde (Cour Cheverny), Musée du LAM (Villeneuve d’Ascq), La Belle Brute (Lille), Commission psy soin accueil (Paris), CATTP Camille Claudel (Asnières-sur-Seine), Association 1&1 (Saint André), Association La Colifata France...

 

Le collectif Encore heureux... est pour la cinquième année accueilli par La Fonderie, porteuse de ce mouvement.

 

Il est constitué d’Elie Baissat, Stéphanie Béghain, Laurence Chable, Aurélie Chaigneau, Olivier Derousseau, Claudie Douet, Patrice Eymann, Linda Felkaoui, Fred, Leïla Lemaire, Jean-Baptiste Leroux, Clément Longin, Patrick Mahieu, Matthieu, Clarisse Monsaingeon, Christophe Mugnier, Pascale Nandillon, Olivier Nourisson, Olivia, Frédéric Tétart, Tristan Varlot

 

Avec les complicités d’Agnès Bedet, Pascal Bence, Nathalie Bernard, Joris de Bisschop, Franck Boucher, Pierre-Vincent Cresceri, Leïla Djedid, François Fauvel, Jean Guillet, Annick Lefranc, Martine Minette, Martin Moulin, Jimmy Péchard, François Tanguy

 

À ce jour, l’initiative Encore heureux... est soutenue par la Ville du Mans, le Conseil Départemental de la Sarthe, la Direction Régionale des Affaires Culturelles des Pays de La Loire (ARS/Culture), le Conseil Régional des Pays de la Loire, la Fondation Jeanne Mialhe, la Fondation de France et La Fonderie.

 

La Fonderie est subventionnée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles de La Région Pays de La Loire, la Ville du Mans, le Conseil Régional des Pays de La Loire et le Conseil Départemental de la Sarthe.

 

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